CTN 291 : CARMA-1

Naissances prématurées chez les femmes enceintes VIH

À propos de l'étude

Cette étude a examiné l'effet du traitement antirétroviral (TAR) sur les femmes enceintes et leurs nourrissons à l'aide de deux tests expérimentaux en laboratoire. Le premier test portait sur l’ADN mitochondrial (ADNmt) et évaluait la quantité et la qualité de cet ADN. Le second test examinait les dommages que les médicaments pouvaient causer à la longueur de l’ADN situé à l’extrémité des chromosomes (télomères), ce qui peut être un indicateur de stress cellulaire et de vieillissement. En outre, l’étude visait à mieux comprendre la relation entre la prématurité, VIH, le TAR, le microbiote vaginal et d’autres facteurs de risque de prématurité.

Contexte

Le traitement antirétroviral (TAR) réduit le risque de VIH de la mère à l’enfant de 25 % à moins de 1 %, mais certainsVIH peuvent avoir un effet toxique sur les cellules de l’organisme. Des taux anormaux d’ADNmt dans le sang peuvent indiquer que les mitochondries, une composante importante de nos cellules, ne fonctionnent pas correctement. Nous ne savons pas comment VIH le recours au traitement antirétroviral pendant la grossesse influencent les taux d’ADNmt, ni quel est l’impact de ces taux sur la santé des mères ou de leurs bébés. Des recherches ont montré que les femmes enceintes vivant avec VIH deux fois plus de risques d’accoucher prématurément que les femmes enceintes VIH. L’accouchement prématuré étant une pathologie complexe à laquelle plusieurs facteurs peuvent contribuer, il est difficile de déterminer si VIH, le traitement antirétroviral et la flore bactérienne vaginale jouent un rôle.

Approche de l'étude

Cette étude a consisté en trois visites pendant la grossesse, généralement entre les semaines 16″20, 24″28, et 32″36. Deux visites supplémentaires ont été programmées au moment de l'accouchement ainsi que 4″8 semaines après l'accouchement. Des échantillons de sang ont été prélevés lors de ces mêmes visites, tandis que le sang du cordon ombilical et un petit morceau de tissu du cordon et du placenta ont été prélevés au moment de l'accouchement, lorsque cela était possible. Un écouvillon vaginal autoprélevé a été utilisé pour évaluer les types de bactéries présentes dans le vagin à chaque visite. Lors de l'accouchement, et en cas de risque d'accouchement prématuré, le médecin traitant a effectué des prélèvements supplémentaires au cours de l'examen physique. Des prélèvements et des échantillons de sang ont été prélevés périodiquement sur le bébé pendant les huit semaines suivant la naissance.


Résultats

Par rapport aux VIH, celles vivant avec VIH sous traitement antirétroviral (TAR) présentaientdes taux sanguins d’ADNmtsignificativementplus faiblespendant la grossesse. Aucun effet négatif lié à ces faibles taux d’ADNmt n’a été observé sur la santé des femmes ou de leurs bébés, mais les effets à long terme restent inconnus. L’équipe de recherche a également constaté que les enfants VIH mais exposés au TAR pendant la grossesse présentaientdes taux d’ADNmt plus élevés au cours des trois premières années de vie. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que ces taux plus élevés d’ADNmt pourraient être dus au stress lié au VIH maternel VIH au traitement antirétroviral pendant la grossesse. Les enfants nés à un âge gestationnel plus précoce présentaient également des taux d’ADNmt plus élevés. Dans unepublication antérieure, les chercheurs avaient constaté que les enfants VIH mais non infectés, chez lesquels un trouble du spectre autistique avait été diagnostiqué, présentaient des taux d’ADNmt plus élevés, ce qui suggère un lien avec des modifications de la fonction mitochondriale.

Les femmes vivant avec VIH VIH une longueur de télomères plus courteque celles VIH n’étaient pas VIH. Le fait de suivre un traitement antirétroviral (TAR) avait un effet protecteur sur la longueur des télomères, mais un schéma thérapeutique comprenant un inhibiteur de protéase associé au ritonavir était associé à des télomères plus courts, tant dans le sang maternel que dans le placenta. Les femmes ayant arrêté leur traitement antirétroviral après l’accouchement présentaient également des télomères plus courts que celles qui avaient poursuivi leur traitement. Les chercheurs ont conclu que des facteurs modifiables, tels que le tabagisme, avaient une influence similaire, voire supérieure, sur la longueur des télomères et le vieillissement cellulaire par rapport aux facteurs VIH. Il est encourageant de constater que l’équipe a découvert queni l’exposition au VIH le traitement antirétroviral ne raccourcissaient la longueur des télomères chez les bébésnés de femmes vivant avec VIH, par rapport aux bébés non exposés.

Des travaux préliminaires ont révélé des taux plus élevés d'ADN mitochondrial placentaire chez les femmes atteintes de prééclampsie, qu'elles soient VIH non. La prééclampsie est une complication potentiellement grave liée à la grossesse, caractérisée par un dysfonctionnement du placenta qui endommage les vaisseaux sanguins et certains organes de l'organisme, et qui entraîne souvent un accouchement prématuré.


Résultats

Les recherches antérieures sur les effets du VIH du traitement antirétroviral (TAR) sur la fonction cellulaire ont donné lieu à des résultats mitigés et contradictoires. L’étude CTN 291 a permis d’apporter un peu de clarté dans le débat, mais elle a également soulevé de nouvelles questions sur la manière dont VIH, le TAR et la grossesse interagissent pour influencer la santé à court et à long terme des mères et de leurs enfants. La cohorte a depuis été élargie dans le cadre del’étude CTN 291-2afin d’inclure davantage de femmes à Toronto, Montréal et Vancouver. S’appuyant sur les résultats de l’étude 291, cette cohorte élargie vise à déterminer précisément pourquoi les femmes vivant avec VIH un risque accru d’accouchement prématuré. Plus précisément, l’étude cherche à déterminer si l’accouchement prématuré est lié à des marqueurs prélevés dans le placenta et le sang, et si le type de traitement antirétroviral utilisé pendant la grossesse influe sur cette relation.

Enquêteurs

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